Ils s'appellent Bugy et Danko. Le premier nommé est un lapin nain, l'autre est un imposant bouvier bernois. Leur point commun : ils sont « médiateurs animal ».
« Ce sont mes associés » sourit Carine Jouve, jeune zoothérapeute de 35 ans, installée à Saint-Brevin. Zoo quoi ? Zoothérapeute
, « une spécialisation qui conjugue le social et la santé avec l'animal au coeur du dispositif », explique cette ancienne auxiliaire de vie qui, à la fin de son congé maternité et après onze ans de service a décidé de suivre une autre voie.
« J'en avais marre de simplement accompagner les personnes en fin de vie, assume la jeune femme.
Je voulais leur apporter quelque chose d'autres pour qu'ils puissent en profiter jusqu'au bout. » Ce petit quelque chose, c'est via une émission de télévision qu'elle va le trouver. Une sorte de déclic, de révélation.
« Je regardais un reportage sur la zoothérapie. Quand j'ai vu le sourire des personnes âgées et des enfants au contact des animaux, j'ai interpellé mon mari et lui ai dit : c'est ce métier que je veux pratiquer. » La vocation était trouvée. Ajoutez à cela, Danko, son chien, débarqué dans le foyer en décembre 2008 comme un cadeau de Noël et vous trouvez là le duo gagnant de la société Danko & co.
Des spécialistes diplômés
Dans l'Hexagone, une cinquantaine de projets liés à la zoothérapie sont recensés dont une vingtaine mise en place sous le statut de profession libérale, comme l'a choisi Carine Jouve. « Nous sommes tous des spécialistes diplômés de l'Institut français de zoothérapie. Ce sont de formations professionnelles ouvertes aux personnes qui travaillent déjà dans le social, l'enseignement spécialisé ou la santé ». Des cycles théoriques et pratiques y sont dispensés pour mieux cerner les pathologies et y associer l'animal adéquat. « Un lapin n'est pas adapté pour une personne atteinte d'autisme ou de trisomie contrairement aux chiens ou aux ânes qui imposent davantage leur présence. »
Des animaux dressés
Ainsi l'on retrouve plusieurs types d'animaux capables de remplir le rôle de médiateur. Si le chien reste l'animal le plus couramment utilisé, la chèvre des Pyrénées ou du Poitou, le lama, le lapin nain ou encore le cochon d'Inde, possèdent également des caractéristiques propres et utiles auprès des jeunes, des personnes âgées, celles atteintes de pathologies lourdes et handicapantes sur le plan moteur et intellectuel. « Tous les animaux sont éduqués et dressés. Ils reçoivent ensuite une accréditation » précise Carine Jouve. L'animal en tant que médiateur permet ainsi à certains de se sociabiliser, à d'autres de retrouver une activité motrice ou canaliser des problèmes comportementaux. Attention toutefois, « la zoothérapie ne guérit pas mais permet de stabiliser les pathologies ».
Jérome Heurtebize
Danko & co tél. : 06 50 30 65 34 ou carine.danko@orange.fr
« La zoothérapie ne guérit pas mais permet de stabiliser les pathologies »

Maison de retraite: la zoothérapie, une nouvelle méthode de soins pour les résidents
Animation de zoothérapie à la maison de retraite – Paimboeuf

Mercredi 13 octobre, Guillaume Gandon et son équipe d’animation de l’Ehpad (établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes) de Paimboeuf ont organisé un après-midi sur le thème de la médiation animale, avec la présence d’une zoothérapeute, Carine Jouve, de l’établissement Danko & Co et de son associée Estelle Lemaire.
« La thérapie par l’animal peut contribuer à améliorer la qualité de vie des résidents, explique Guillaume Gandon. L’animal provoque des réactions, des émotions qui se manifestent par des rires, des échanges de regards, etc. Je me suis tout de suite dit que la zoothérapie serait très adaptée aux résidents de l’Ehpad. Carine intervient aujourd’hui sur l’ensemble des sites de l’Hôpital intercommunal du Pays de Retz (Paimboeuf, Saint-Père-en-Retz, Pornic et Bourgneuf-en-Retz) ».
A partir de 14 h, de nombreux animaux avaient investi la salle polyvalente et le jardin de l’Ehpad : cochons d’indes, lapins, furet, tortue… à l’intérieur, pendant qu’un mini-poney, une chèvre et des poules faisaient l’animation à l’extérieur.
Cet après-midi ensoleillé était aussi l’occasion de développer des liens intergénérationnels. Les accueils périscolaires de Frossay, Saint-Viaud, et Paimboeuf ont ainsi répondu présent à l’invitation. Une trentaine d’enfants de 4 à 7 ans ont pu échanger avec les personnes âgées, découvrir, approcher et caresser les animaux. Enfants et personnes âgées ont pu faire une balade dans Paimboeuf en calèche. Visites guidées grâce aux résidents qui ont raconté aux enfants des anecdotes d’antan.
Rire, joie pouvaient se lire dur les visages de tous à la fin de cette journée. Le mot de la fin fut dit par Léone : « quand est ce qu’on recommence ? »

Intervention sur la médiation animale Mars 2012
Les élèves de Seconde A et B de la filière CGESCF ont eu une intervention le vendredi 2 mars 2012 sur le thème de la 'Médiation animale' . Mme Estelle LEMAIRE, co fondatrice de la structure Maya & Co et Danko & Co a expliqué à nos jeunes en quoi consiste la médiation animale ou zoothérapie .
Cette technique est aux services des personnes ainées, des handicapées et aux autres pathologies et utilise l'animal comme médiateur entre le patient et le corps médical.
Pour de plus amples renseignements, nous vous conseillons d'aller sur le site www.mayaandco.jimdo.com
La MFR de Guilliers remercie Mme Lemaire pour son intervention.


Médecine par les animaux
Quand les animaux de Karine Jouve débarquent à la maison de retraite du Pouliguen, les séances commencent à six résidents et se terminent à trente.
Cette thérapie reconnue par le ministère de la Santé a le vent en poupe. Séance test au Pouliguen.
Vieillesse et maladie ont fait de Céleste* une femme très renfermée. Atteinte d'Alzheimer, cette octogénaire, pensionnaire des Jardins de l'Atlantique au Pouliguen, souffre aussi d'une dépression. Jusqu'alors, le personnel la regardait errer dans les couloirs sans trop savoir comment l'aider.
Depuis quelques mois, les animaux de Karine sont arrivés aux Jardins de l'Atlantique, sa résidence de retraite, et semblent lui redonner du baume au coeur. Sur les genoux de Céleste, un bébé hamster s'est recroquevillé, qu'elle caresse inlassablement, comme un rituel.
Le sourire est là, Céleste répond quand on l'interroge et communique à nouveau, posant même des questions : « Il a quel âge ? »
Les animaux et la gym
Les soignantes sont ébahies par cette transformation qu'elle qualifient d'« incroyable ». « Maintenant, on a l'impression qu'il n'y a que les animaux et la gym qui la rendent heureuse ! », s'amuse Carole Tessier, la responsable d'animation. « Les personnes qui participent à l'atelier de zoothérapie sont toutes très malades. Quand il y a un manque d'affection, quand les enfants ne sont pas là tous les jours, ou qu'on a l'impression d'avoir perdu sa place dans la société, l'animal réapprend à prendre soin de quelqu'un ».
Karine Jouve a lancé il y a un an son cabinet de « zoothérapie » Danko & co. Elle l'affirme : « C'est pour tous ces moments de bonheur que j'ai voulu faire ce métier ». Une dame qui reçoit avec réticence le chinchilla sur son bras l'interroge : « Je ne sais pas comment ça s'appelle ça ? » Avec ses voisines, elle rit aux éclats. De la tendresse, il y en a à revendre entre les pensionnaires et ses amis les bêtes.
Travailler la mémoire
Karine explique : « Pour une personne qui est en phase de prostration, on va essayer d'éveiller ses sens. Après, on travaille beaucoup sur la mémoire. Une dame l'autre jour nous a dit que le lapin mangeait du bifteck ». Karine sourit.
« Alors, on lui a montré avec des schémas ce que pouvaient manger les différents animaux ».
Carole Tessier trouve que les progrès sont évidents chez toutes les patientes : « Cette dame passe par des phases d'agressivité (symptôme connu de la maladie d'Alzheimer), et bien à chaque séance de zoothérapie, c'est la détente totale ». Sans oublier cette autre dame de 94 ans, non voyante, qui ne dit plus rien sauf « quelques mots en breton ». L'autre jour, à la rencontre du chien, elle n'a cessé de l'appeler par son nom.
La zoothérapie chasse aussi l'ennui. Comme s'il fallait en faire la preuve, la tortue Clark s'est coincée dans un fauteuil roulant et pousse sa passagère de toute sa force ! Effet garanti.
