Médecine par les animaux

photo quand les animaux de karine jouve débarquent à la maison de retraite du pouliguen, les séances commencent à six résidents et se terminent à trente.

Quand les animaux de Karine Jouve débarquent à la maison de retraite du Pouliguen, les séances commencent à six résidents et se terminent à trente.

Cette thérapie reconnue par le ministère de la Santé a le vent en poupe. Séance test au Pouliguen.

Vieillesse et maladie ont fait de Céleste* une femme très renfermée. Atteinte d’Alzheimer, cette octogénaire, pensionnaire des Jardins de l’Atlantique au Pouliguen, souffre aussi d’une dépression. Jusqu’alors, le personnel la regardait errer dans les couloirs sans trop savoir comment l’aider.Depuis quelques mois, les animaux de Karine sont arrivés aux Jardins de l’Atlantique, sa résidence de retraite, et semblent lui redonner du baume au coeur. Sur les genoux de Céleste, un bébé hamster s’est recroquevillé, qu’elle caresse inlassablement, comme un rituel.

Le sourire est là, Céleste répond quand on l’interroge et communique à nouveau, posant même des questions : « Il a quel âge ? »

Les animaux et la gym

Les soignantes sont ébahies par cette transformation qu’elle qualifient d’« incroyable ». « Maintenant, on a l’impression qu’il n’y a que les animaux et la gym qui la rendent heureuse ! »,s’amuse Carole Tessier, la responsable d’animation. « Les personnes qui participent à l’atelier de zoothérapie sont toutes très malades. Quand il y a un manque d’affection, quand les enfants ne sont pas là tous les jours, ou qu’on a l’impression d’avoir perdu sa place dans la société, l’animal réapprend à prendre soin de quelqu’un ».

Karine Jouve a lancé il y a un an son cabinet de « zoothérapie » Danko & co. Elle l’affirme : « C’est pour tous ces moments de bonheur que j’ai voulu faire ce métier ». Une dame qui reçoit avec réticence le chinchilla sur son bras l’interroge : « Je ne sais pas comment ça s’appelle ça ? » Avec ses voisines, elle rit aux éclats. De la tendresse, il y en a à revendre entre les pensionnaires et ses amis les bêtes.

Travailler la mémoire

Karine explique : « Pour une personne qui est en phase de prostration, on va essayer d’éveiller ses sens. Après, on travaille beaucoup sur la mémoire. Une dame l’autre jour nous a dit que le lapin mangeait du bifteck ». Karine sourit.

« Alors, on lui a montré avec des schémas ce que pouvaient manger les différents animaux ».

Carole Tessier trouve que les progrès sont évidents chez toutes les patientes : « Cette dame passe par des phases d’agressivité (symptôme connu de la maladie d’Alzheimer), et bien à chaque séance de zoothérapie, c’est la détente totale ». Sans oublier cette autre dame de 94 ans, non voyante, qui ne dit plus rien sauf « quelques mots en breton ». L’autre jour, à la rencontre du chien, elle n’a cessé de l’appeler par son nom.

La zoothérapie chasse aussi l’ennui. Comme s’il fallait en faire la preuve, la tortue Clark s’est coincée dans un fauteuil roulant et pousse sa passagère de toute sa force ! Effet garanti.

Lucie Beaupérin

* prénom d’emprunt

Céleste répond quand on l’interroge et communique à nouveau 

Presse-Océan  

 

 

source: http://www.labaule.maville.com/actu/actudet_-Medecine-par-les-animaux-_12027-1399427_actu.Htm